Galerie Art Pluriel

Galerie d'Art

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Chantal SABATIER
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du mardi au vendredi 10h - 12h / 14h - 19h
Samedi 14h - 19h

Nicole PFUND

 

Il se passe quelque chose de poétiquement inopiné dans cette peinture. On l’entend avant de la voir, on l’écoute avant de la dévisager. Pendant un quart de seconde, l’oreille se montre plus prompte que l’œil. Un quart de seconde, c’est peu, mais cela suffit, parfois, pour se demander si c’est la musique qui a posé pour l’art ou le contraire. Chacune de ces œuvres à une âme, qui vaut aussi bien pour le glissement de l’archet sur les cordes que pour l’acheminement des couleurs vers un style, vers la lumière. Il en résulte une impression de création hybride et magnétique, s’étirant de la plainte languissante des moires à la clameur secrètes des gouffres. Les personnages de Nicole Pfund ne sont pas filiformes sans raison. Il leur faut au moins de longues jambes, s’agissant de prolonger leur humanité ambiguë en bestiaire péremptoire. L’artiste n’a pas tort, et, en plus, sa geste anthropomorphique ne manque pas de talent. Elle semble nous dire que ce ne sont pas les hommes qui ont inventé le chant. Les oiseaux, et pas seulement eux, les ont précédés, sur ce chapitre. Chez les ailés, et même l’élite des quadrupèdes, leur identité a commencé avec le chant, alors que l’homme, lui, malgré sa verticalisation, a dû longtemps grogner avant de seulement articuler. Les têtes mélomanes de Nicole ont beau participer, par leur apparence, du règne animal, elles ne nous en renvoient pas moins à une des images possibles de la naissance de la musique. En profondeur, il se peut que parvienne encore jusqu’à nous, en scansions mystérieuses, les échos d’une époque lointaine ou existaient déjà des accords parfaits entre les pulsions sans paroles, et leur désir d’être une voix, un pur moment de la polyphonie du vivant. En ce sens, la vision de Nicole Pfund est délicieusement juste, d’une prescience immémoriale et rythmique, qui donne du plaisir à qui s’en imprègne. Marcel Moreau écrivain

Née à Genève, Nicole PFUND vit et travaille dans l'Aveyron, depuis 1984, où se trouve son atelier, entourée d'arbres et d'animaux

Affiliée à la maison des artistes depuis 86 , membre Visarte, PARIS

Il est difficile de trouver un artiste dont l’œuvre soit si originale, si subtile, aussi attachante en interprétation que celle du peintre suisse Nicole Pfund, installée en Midi-Pyrénées depuis 1984.

Son œuvre retrace des histoires savoureuses d’animaux musiciens brossés en premier plan jouant d’un instrument de musique ou en attente, observateurs ou ignorants, solitaires ou complices. Son travail artistique réside dans la conception, l’invention, l’imagination du sentiment à formuler et de la forme à lui donner : « pintura e cosa mentale ». Les animaux musiciens forment le nœud emblématique des correspondances qui, au travers des états d’âme de l’artiste, peuvent suggérer des scènes de la vie courante. Le tout est auréolé par l’humour, la tendresse, la perspicacité de couleurs affectives . Discerner les valeurs humaines est une chose, trouver la couleur une autre, mais appliquer des thèmes colorés justes, nécessite l’intuition féminine ancrée dans l’observation attentive.

Nicole Pfund appréhende le silence. Elle le redoute. C’est une phobie permanente, digne d’effrayer toute relation monastique. Pour chasser le chaos du silence et le transporter dans un vagabondage de pensées rassurantes, elle écoute constamment de la musique. Et, bien qu’inavoué, tout le poids de sa nature émotionnelle se projette dans ses toiles : les musiciens véhiculent des sons dans des décors crêpés de frigidité austère, un nouveau langage d’espoir. Elle crée des échappatoire : fenêtres et portes de logis ancestraux, ouvrant sur la liberté de fuir, de s’évader vers les espaces de l’aventure, jeux de lumière contrastant sur des motifs sombres, l’idée du bonheur, portant et élargissant le tout jusqu’à l’universel, mérite d’être conquise par le plus simple des mortels.

«  Mes tableaux sont emplis de silence que seuls les instruments de musique peuvent contrecarrer » avoue Nicole Pfund. Façon de tranquilliser notre sentiment de plénitude . Il ne s’agit plus d’étudier l’incidence de la lumière sur les accidents de la forme, mais l’animal musicien lui-même, en tant que générateur potentiel de survie, telle une source latente d’énergie, avec sa face de rongeur, au nez rouge comme son nœud papillon, son costume trois pièces, digne d’un personnage tout droit sorti d’un bal masqué vénitien.

Comme la musique vaut aussi par ses mélodies qui sont comme des plages d’élan vers l’exaltation du rythme ou des sonorités, la peinture a besoin de zones de repos qui font valoir par contraste les saveurs de la matière et de la couleur. Nicole Pfund travaille avec le couteau et la peinture à l’huile, elle utilise des coloris différents suivant ses sautes d’humeur. On peut la considérer comme une artiste imprévisible, à la fois amène et pleine d’humour, aussi craintive que sarcastique mais c’est également avec sensibilité et raffinement qu’elle pose son sceau sur ses œuvres. L’incroyable éventail de ses possibilités d’expression tient au regard émoustillant qu’elle porte sur la société. Elle veut communiquer son lyrisme, parler longtemps encore aux hommes de demain.

C’est une femme merveilleuse qu’il est indispensable de rencontrer. Pour une raison évidente : elle a la belle prestance d’une artiste qui sait vous faire aimer ces personnages. Il n’en reste pas moins que ses tableaux abolissent le temps, ils arrêtent la vision à un moment donné, et d’une certaine façon l’espace, puisqu’ils mettent le spectateur à la place que Nicole Pfund avait choisit pour sienne.

Michel PALIS critique d’art

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